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Le Frankenbourg à Neubois (67)

Une fortification protohistorique, romaine et médiévale

Responsable : Clément Féliu

Vue du Frankenbourg depuis le nord (le site se détache nettement du massif)

Présentation du site.

Le site du Frankenbourg, au sommet du Schlossberg, est établi sur un promontoire aux pentes abruptes, détaché du conglomérat principal du plateau gréseux qui le surplombe d’une cinquantaine de mètres au niveau du Rocher du Coucou et dont il est séparé par un petit col. Il domine l’entrée du Val de Villé et de la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines depuis la plaine d’Alsace à hauteur de Sélestat.

La présence de ruines au sommet du promontoire et de trois lignes de fortifications plus ou moins visibles sur les pentes a poussé les érudits et archéologues à s’intéresser au site depuis le XIXe siècle. On ne reviendra pas ici sur les nombreuses études dont le château qui occupe la plateforme sommitale a été l’objet ; tout au plus peut-on mentionner que les textes — la première mention écrite remonte à 1143 — et l’architecture permettent de dater sa construction du XIIe siècle.

Immédiatement en contrebas du château, à l’ouest, une large terrasse de quelques 2600 m2 est délimitée par un mur constitué de blocs de grande taille conservé sur une assise. La fonction et la datation de ce « mur supérieur » ou « mur franc » ne sont pas assurées. Le rôle de fortification de cette construction ne peut être que prudemment avancé ; elle pourrait n’être qu’un aménagement de terrasse, éventuellement lié à un état primitif du château, que le creusement du fossé-carrière au XIIe siècle recoupe. La mise en œuvre — sans mortier — et le module des blocs orientent la datation vers une période antérieure au XIe siècle. Un tesson du Xe ou XIe siècle a été mis au jour lors de prospections ainsi qu’un fermoir de livre de la même époque ; ils attestent une fréquentation du site au Moyen Âge, antérieure à la construction du château.

À mi-pente, une deuxième ligne de fortification est assez nettement visible sur les versants nord et sud du promontoire. Il s’agit d’un mur élevé à partir de blocs de dimensions variables, pouvant atteindre près de 2 m de long, assemblés à l’aide de tenons à queue d’aronde. Le tracé de ce « mur païen » est relativement bien connu sur le versant sud, où il se rattache aux affleurements rocheux qui délimitent la terrasse supérieure du promontoire. À l’ouest, il semble avoir été démonté et ses blocs récupérés ; seul son soubassement a été repéré et permet d’en situer l’emplacement. Au nord, le mur est également visible. Son développement total, de près de 400 m, devait enserrer une superficie de 1,7 ha. Aucun élément matériel ne permet de dater cette construction. Cependant, son architecture particulière la rapproche du « mur païen » du Mont Saint-Odile, distant d’à peine 20 km. Une série de tenons en bois provenant de cette enceinte a été datée par dendrochronologie et radiocarbone. Les résultats de ces analyses indiquent une mise en œuvre autour de 675-681 après J.-C. Malgré quelques éléments de numismatique qui offriraient le moyen de remonter la construction au Bas-Empire, les auteurs d’une relecture récente du dossier considèrent l’hypothèse d’une construction mérovingienne comme « la plus recevable ». La proximité architecturale des deux édifices incite à les considérer comme contemporains. Il semble donc possible de dater le « mur païen » du Frankenbourg du VIIe siècle après J-C.

Enfin, une troisième et dernière ligne de fortification est située dans la partie basse de la pente, à une cinquantaine de mètres du col qui sépare le Schlossberg du reste du massif. Elle correspond à un talus, nettement visible au niveau du chemin d’accès au site et dont le tracé s’infléchit au sud et au nord, où il ne se présente plus que comme une terrasse, avant de disparaître complétement dans la pente de plus en plus abrupte. Le tracé de ce talus ne peut, en l’état, être précisément fixé ; il est toutefois possible de proposer une extension maximale de 7 à 8 ha, s’il suit la courbe de niveau 650 m. La forme de ce « mur inférieur » ou « mur en terre et en pierraille » a très tôt incité à le considérer comme celtique, ce que semblent confirmer les résultats de la fouille de 2014.

Il faut encore mentionner que du mobilier a été découvert lors de prospections au détecteur à métaux effectuées entre 2003 et 2009. Il permet de proposer plusieurs phases d’occupation ou de fréquentation du site. Quelques éléments remontant au Hallstatt final et à La Tène ancienne, comme des fragments de fibules ou une pendeloque importée du nord de l’Italie, constituent les vestiges les plus anciens. La période gauloise (LT D) est ensuite représentée par une quarantaine de monnaies, des fibules ou encore des éléments de parure en verre qui attestent une occupation relativement importante. Une série de monnaies romaines, essentiellement datées du Bas-Empire, montrent une seconde phase d’occupation importante avant le Moyen Âge.

Principaux résultats archéologiques

Campagne de 2014

Cette première campagne de fouille devait permettre d'évaluer l'état de conservation des vestiges de l'enceinte inférieure et d'en préciser la datation. Deux petits sondages, totalisant à peine 30 m2, ont été ouverts à cet effet.

Le rempart, de type Pfostenschlitzmauer, est relativement bien conservé : son parement, formé d'assises irrégulières de blocs de grès équarris, est encore en place sur près de 80 cm d'élévation. L'exiguïté des sondages n'a pas permis d'étudier la structure interne de la construction qui reste à appréhender. Le tracé du parement, qui est marqué par un angle très prononcé, indique la présence d'une porte. Les quelques indices stratigraphiques relevés lors de la fouille orientent la datation de cet ouvrage vers la fin de l'âge du Fer.

Parement du rempart protohistorique

 

Campagne de 2015

La deuxième campagne de fouille au Frankebourg a permis de vérifier l'hypothèse de la présence d'une porte au niveau du chemin forestier actuel par l'ouverture d'un sondage de 120 m2 environ. Deux état successifs du passage ont pu être mis en en évidence : le premier correspond au rempart à poteaux frontaux de la fin de l'âge du Fer découvert en 2014 ; le second, qui remonte au moins à l'époque romaine, n'est pas daté avec précision, il est formé par une réduction très nette de la largeur de la porte antérieure. L'architecture et le plan de la porte et du rempart restent à préciser.

Vue du parement du premier état de la porte
Vue du second état de la porte

 

Campagne de 2016

La troisième campagne de fouille au Frankenbourg a permis de dégager et d’étudier le plan quasiment complet de la porte qui franchissait l’enceinte inférieure. Celle-ci se présente sous la forme d’un petit couloir de 4,25 m de long et 6 à 8 m de large, formé par une simple interruption du rempart. Une superstructure, située en arrière de ce couloir enjambait l’accès et surplombait une voie constituée de deux chaussées. Le mobilier découvert permet de dater cette installation de La Tène finale ; il met également en évidence une occupation antérieure, qui remonte certainement au premier âge du Fer, dont aucune structure n’a pour l’instant été mise au jour.

Vue des fosses de fondation des poteaux du parement
Vue zénithale du parement et de la structure interne du rempart

 

Campagne de 2017

La campagne de fouille de 2017 au Frankenbourg a permis de compléter le plan de la porte qui franchissait l’enceinte inférieure. Elle se présente sous la forme d’un petit couloir de 4,25 m de long et 6 à 8 m de large, formé par une interruption du rempart. La superstructure qui enjambait l’accès, à l’arrière de ce couloir, était fondée sur 9 poteaux au moins et dessinait deux chaussées. Le fossé, dont la présence a été identifiée dès 2014, a été coupé : il mesure près de 5,80 m de large et 2,25 m de profondeur par rapport au pied du parement. Il ne semble pas s’interrompre au niveau du passage, qui devait donc se faire au moyen d’une passerelle. Le mobilier, relativement peu abondant, confirme les orientation chronologiques précédentes et permet de placer cette construction à La Tène finale.
Une petite tranchée ouverte au niveau d’une rupture de pente afin d’en saisir le caractère anthropique montre une construction nettement plus récente, que l’on peut dater du Moyen Âge.
Enfin, une série de prospections géophysiques (susceptibilité magnétique, radar) a également été effectuée afin de commencer à appréhender le développement linéaire de la fortification et l’organisation interne de l’occupation.

Coupe du fossé

 

Campagne de 2018

La campagne de 2018 a permis de compléter la fouille du rempart inférieur, du fossé qui le précédait et de la porte qui permettait d’accéder au site. Cette dernière se présente sous la forme d’un petit couloir de 4,25 m de long et 6 à 8 m de large, formé par une interruption du rempart. La superstructure qui enjambait l’accès, à l’arrière de ce couloir, était fondée sur 9 poteaux qui dessinaient deux chaussées de largeur identique. Le fossé, dont la présence a été identifiée dès 2014, et qui a été fouillé en 2017, a été coupé à nouveau au niveau du passage devant lequel il ne s’interrompt pas. Deux sondages ont été ouverts à la mains au niveau du rempart, en direction du sud. Le premier a permis de relever une coupe complète du système défensif, bien que le rempart soit très mal conservé dans ce secteur. Le second n’a pas pu être fouillé complètement. Il montre des niveaux de pierres sans agencement précis, qu’il est difficile d’attribuer à une architecture.
Le mobilier, relativement peu abondant, confirme les orientations chronologiques précédentes et permet de placer la construction de la fortification à La Tène finale. Enfin, le lot de scories mis au jour depuis 2014 a été étudié dans le cadre d’un master de l’université de Strasbourg (M. Chosson) qui a montré l’importance des travaux de forge sur le site.

Coupe du fossé au niveau de la porte
Revue Archimède

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