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Mandeure : architecture et décor sculpté

Responsable : Jean-Yves Marc

Fig. 1

Présentation du site

Le grand sanctuaire de Mandeure qui s’étend, au sud de la ville antique, sur plus de 40 hectares est un des plus grands sanctuaires des Gaules et des Germanies (Fig. 1). Entouré, à l’époque romaine, par un mur de clôture (péribole) interrompu par plusieurs portes monumentales, il est structuré par un axe constitué par un théâtre (Fig. 2) et un grand temple placé l’un en face de l’autre et séparés par une esplanade de 200 mètres de longs. Il comprend également des sanctuaires secondaires ainsi que plusieurs constructions destinées au fonctionnement du complexe religieux : des portiques, un établissement thermal, des cuisines, etc.L’origine du sanctuaire remonte à l’époque gauloise. On connaît encore très mal la configuration de ces phases les plus anciennes, mais les fouilles de la fin du XIXème siècle ont mis au jour plusieurs lots exceptionnels d’offrandes : colliers en pates de verre, orfèvrerie en argent et en bronze, plusieurs trompettes de guerre (carnyx) ainsi que des enseignes militaires. De telles offrandes laissent supposer que le destinataire du sanctuaire était probablement un dieu guerrier. Le sanctuaire connaît, dès le règne de l’empereur Auguste (30 av. J.-C. – 14 apr. J.-C.) et pendant tout le Haut-Empire plusieurs phases de monumentalisations. C’est la dernière phase, celle qui correspond à l’époque sévérienne (192 – 235 apr. J.-C.), qui est actuellement la mieux connue. Le théâtre présente alors des dimensions exceptionnelles (142 m de diamètre, capacité de 18 000 spectateurs). Les façades étaient constituées de plusieurs étages d’arcades en grand appareil, sur plus de 30 m de haut pour les deux façades hémicirculaires (Fig. 3). Les destinataires de cet important complexe religieux ne sont pas encore connus avec certitude, faute de témoignages écrits explicites. Mais un faisceau d’indices, en particulier les découvertes de fragments sculptés, oriente vers Mars Segomo (Fig. 4), le Mars de la région, auquel se sont agrégées plusieurs autres divinités comme Mars Ultor (le Mars Vengeur institué par Auguste à Rome), Bellone, une divinité guerrière également, Minerve et surtout les empereurs divinisés. C’est précisément la présence du culte impérial qui explique probablement le prodigieux développement du sanctuaire et son extraordinaire richesse.

Fig. 2
Fig. 3
Fig. 4

Programmes de recherches et collaborations

L’Université de Strasbourg (Institut d’archéologie classique – UMR Archimède 7044), sous la direction de Jean-Yves Marc, et le Syndicat Intercommunal à vocation archéologique de Mandeure-Mathay, avec la collaboration de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg, de l’Institut de Recherches en Architecture Antique (IRAA du CNRS) et de l’Institut National Supérieur des Sciences Appliquées de Strasbourg (INSA) y mènent des recherches archéologiques depuis plusieurs années. Les axes de recherches portent actuellement sur :

  • l’architecture du théâtre. La fouille du théâtre romain de Mandeure constitue le chantier-école de l’université de Strasbourg (Fig. 5) et à ce titre, il accueille tous les ans entre 10 et 20 stagiaires-étudiants archéologues (étudiants français et étrangers) qui viennent se former aux techniques de terrain encadrés par des doctorants ou des professionnels (céramologue, archéozoologue, numismate, architecte, etc.).
Fig. 5
  • la décoration architecturale du sanctuaire (et du reste de l’agglomération). Cet axe de recherches porte sur les ordres d’architecture des différents édifices et leurs composantes, c’est-à-dire sur le « design » de l’architecture monumentale (Fig. 6). Il a fait l’objet, depuis 2009, d’un programme ANR dont notre UMR est partenaire et piloté par l’IRAA du CNRS (lien internet : http://orag.mmsh.univ-aix.fr/) ;
Fig. 6
  • la sculpture monumentale. Il s’agit de l’étude des fragments de sculptures en ronde bosse découverts lors des fouilles. On a pu identifier plusieurs fragments d’une copie de la statue de Mars Ultor. Plusieurs divi sont également attestés, ce qui atteste la présence d’un groupe dynastique ;
  • le corpus épigraphique. Une nouvelle édition des inscriptions de Mandeure a été entreprise, qui comprendra une nouvelle étude des textes déjà publiés ainsi qu’une publication de plusieurs inédits (Fig. 7);
Fig. 7
  • la fouille archéologique des cuisines. Le dégagement d’un ensemble de cuisines romaines (culinae) appartenant au sanctuaire  est actuellement en cours (Fig. 8, 9, 10);
Fig. 8
Fig. 9
Fig. 10
  • de manière plus générale, c’est l’étude du fonctionnement du sanctuaire dans son ensemble qui est en jeu : héritage gaulois et romanisation du sanctuaire, destinataires du culte, dialogue monumental entre les différentes composantes, déroulement des processions et des cérémonies, organisation des rituels depuis le sacrifice jusqu’aux banquets, circuit de la viande, offrandes, désaffection du sanctuaire et christianisation, etc.

Membres de l'UMR impliqués dans le projet

  • Jean-Yves Marc (Chercheur UMR 7044 Archimède) Responsable du projet.
  • Séverine Blin (Chercheur associé UMR  7044 Archimède) Responsable de la fouille.
  • Clémentine Barbau (Doctorante UMR 7044 Archimède) étude de l’instrumentum du Haut-Empire.
  • Iñes Bena (DEA UMR 7044 Archimède) étude de la céramique du Haut-Empire.
  • Fanny Berson (Doctorante UMR 7044 Archimède) étude des enduits peints.


Bibliographie des membres de l'UMR sur le site

  • Berson, F., Blin, S. et Imbs, M. à paraître : « Un exemplaire de peinture murale a Mandeure (Doubs) : les enduits peints des cuisines du sanctuaire », colloque AFPMA 2012-Strasbourg.
  • Blin, S., 2009 : Architecture et société à Mandeure au Haut-Empire. Bulletin de la société d’Emulation de Montbéliard, n° 131-2008, p. 23-47.
  • Blin, S., 2011 : Un programme édilitaire tardo-augustéen à Mandeure. In Reddé M. et alii (éds.), Aspects de la romanisation dans l’est de la Gaule (Bibracte ; 21), Glux-en-Glenne : Bibracte, 2011,  p. 275-286. 
  • Blin, S., 2012a : « La décoration en marbre des espaces intérieurs à partir d’une inscription découverte à Mandeure (CIL XIII, 5416-5417) », dans Camporeale, S., Dessales, H., Pizzo, A. (éds.), Arqueología de la construcción III. Los procesos constructivos en el mundo romano: la economía de las obras. Anejos De Archivo Español De Arqveología, 2012, p. 95-106.
  • Blin, S., 2012b : Architecture monumentale et décoration architecturale en Gaule de l’Est et dans les Germanies : les monuments publics de Mandeure, thèse soutenue à l’Uni. de Lyon II sous la dir. de  D. Tardy, Septembre, 2012.
  • Blin, S. et Marc, J.-Y. 2011 : « Le théâtre de Mandeure : restitution, fonction, datation », dans Fuchs, M., Dubosson, B. (éds.), Theatra et spectacula. Les grands monuments de jeux dans l’Antiquité, Études de lettres, Lausanne, 2011, p. 47-72.
  • Blin, S. et Marc, J.-Y. à paraître : « Le théâtre de Mandeure relation et intégration au sanctuaire », Hufschmid Th., (éd.), Theaterbauten als Teil monumentaler Heiligtümer in den nordwestlichen Provinzen des Imperium Romanum, Bâle, 19-21 sept. 2013, Forsch. In Augst.
  • Collectif 2011 : Archéologie en Franche-Comté, Mandeure une ville antique sur le Doubs, Publications de la DRAC Franche-Comté, Service Régional de l’Archéologie (Lien vers le fichier pdf).
  • Collectif 2012 : Mandeure : vie d’un sanctuaire, catalogue d’exposition Montbéliard, Musée du château des ducs de Wurtemberg 1er juin-14 octobre 2012, 151 p.
  • Marc, J.-Y., et al., 2007a : Le théâtre antique. In Barral, Ph. (Dir.), Epomanduodurum une ville chez les Séquanes, bilan de quatre années de recherche à Mandeure et Mathay (Doubs), Gallia 64, 2007, p. 396-407.
  • Marc, J.-Y., et al., 2007b : « Le complexe du sanctuaire et du théâtre de Mandeure (Doubs, F), de ses origines gauloises à sa monumentalisation romaine », In Belet-Gonda C., Mazimann J.-P., Richard A., Premières journées archéologiques frontalières de l’Arc jurassien, Actes. Delle (F) – Boncourt (CH), 21-22 octobre 2005. Mandeure, sa campagne et ses relations d’Avenches à Luxeuil et d’Augst à Besançon, Besançon : PUFC et Porrentruy : Office de la culture et Société jurassienne, 2007, p. 13-34.
  • Marc, J.-Y., à paraître : « Théâtre et sanctuaires : quelles relations ? », In Dechezleprêtre, Th., Gruel, K., Joly, M., Agglomérations et sanctuaires : réflexions à partir de l’exemple de Grand du 20 au 23 octobre 2011.
  • Marc, J.-Y., Blin, S., 2010 : « Le grand sanctuaire de Mandeure à l’époque impériale et ses destinataires », Bulletin de la Société d’Emulation de Montbéliard, 133, p. 22-54.
  • Marc, J.-Y., Rosso, E., à paraître : « Une statue de culte de Mars Ultor à Mandeure (Doubs) ? », dans Figura XIV : Construire le divin en image, 30 septembre-1er octobre 2011, INHA.
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